• Centenaire de la Trêve de Noël 1914

     

    Les carillons du monde entier rappelleront le 100e anniversaire de la Trêve de Noël 1914 qui eut lieu à 19h14 la veille de Noël

     

    Concert au carillon de Soignies le 24 décembre 2014 vers 15h,

    par Marie-Christine Delmoitiez

    et au carillon d'Enghien le 25 décembre 2014 à 15h,

    par Patrice Poliart

     


    Pour rappeler ce moment remarquable d’Espérance et d’Humanité un concert de carillon dans le monde entier sera mis en place qui débutera avec le Carillon de la Paix de Messines en Belgique.

    Le Carillon de la Paix à Messines est composée d’une collection de cloches, dons venus de partout dans le monde, qui sonnent pour la paix chaque jour, et qui doit subir une importante rénovation au cours des quatre prochaines années. Messines fut au coeur de la Trêve de Noël de 1914 et est de plus en plus reconnue comme la ville de la trêve de Noël.

    Don Mullan, auteur irlandais et président adjoint du Programme mondial de la jeunesse de l'UNESCO, est à l'origine de la commémoration de la Trêve de Noël et du projet de Terrain de Flandre pour la paix, en cours de développement dans la ville belge de Messines. Mullan a présenté l'idée de la Commémoration de la trêve de Noël l’été dernier au cours du Congrès 2014 de la Fédération Mondiale des Carillonneurs à Anvers. L’école Royale de Carillon « Jef Denyn » de Malines a accepté de soutenir l'idée de la commémoration et d'envoyer une invitation à tous les carillonneurs.

     

    En résumé

     

    La veille de Noël 1914, alors que l'obscurité était descendue sur un paysage brutal composé de tranchées et de barbelés, de terre brisée et de cadavres en décomposition, de la musique et des chansons soudainement ont remplacé le vacarme mortel des balles et des tires d'obus le long du front de l'Ouest.

    Le son des chants qui s’éleva des lignes allemandes incita les soldats britanniques, belges et français curieux a relever la tête au-dessus du parapet. Au loin on pouvait voir la lueur de bougies sur les petits arbres de Noël. Les Allemands ont également été observés guettant à leur tour au-delà de leurs tranchées. Aucun coup de feu ne fut tiré. Contre toute attente, certains soldats levèrent alors la tête encore un peu davantage. Les hommes échangèrent alors des salutations. Les ennemis se sont alors rapprochés et finalement rencontrés. Ils se serrèrent la main, et décidèrent de faire une trêve pour le lendemain.

    Le matin de Noël, ils se rencontrèrent de nouveau. Ils ont tenu des services religieux communs et se sont aidés à enterrer leurs morts. Tout au long de la journée, ils ont partagé du thé et du café, du vin, de la bière et du cognac, du chocolat et des aliments envoyés par leurs foyers. Ils ont échangé leurs insignes de casquette et leurs boutons, ils se sont montrés les photographies de leurs familles et de leurs proches. Ils ont même posé ensemble pour des photos. Ils ont joué au football et ont fait des courses cyclistes.

    L’historien britannique Piers Brendon l’a appelée « la plus extraordinaire des fêtes de Noël depuis cet événement mémorable de Bethléem. »

     

    Source :

    Koen Cosaert, Directeur Ecole Royale de Carillon « Jef Denyn », Mechelen (Malines), Belgique.

     

    Un peu plus en détails

     

    Des millions d’hommes conscrits, réservistes et volontaires s’étaient précipités avec enthousiasme dans ce qui devaient être « la dernière guerre pour en finir avec les guerres » (La Der des Ders) comme le martelait la propagande nationaliste et militariste savamment camouflée des marchands de canons et autres profiteurs de guerre. L’enthousiasme du début s’est vite transformé en inquiétude profonde et en désarroi, face aux milliers et milliers de morts et blessés fauchés par les nouvelles armes de l’époque : fusils à répétition, mitrailleuses, et pièces d’artillerie.

    Pour se protéger de cet énorme puissance de feu, des deux côtés on a commencé à creuser des tranchées pour préparer les vastes offensives futures. C’est dans ces tranchées, souvent inondées par les pluies, que les soldats des deux camps devaient survivre dans le froid et l’humidité, mal équipés, embourbés et devant souvent supporter, pendant des jours, la compagnie des cadavres de leurs camarades victimes des tirs d’obus ou de mitraillettes, ou d’une balle de fusil ayant fait mouche alors qu’ils sortaient imprudemment la tête de la tranchée.

    En Flandre, cet hiver 1914 n’était pas particulièrement clément, pour les uns et les autres chacun dans son trou, dans un paysage qui n’était pas encore devenu lunaire. Des villages, bien qu’endommagés, étaient encore debout, les champs gardaient encore la trace du travail de l’homme, même s’ils étaient parsemés de gros trous d’obus. Les tranchées n’étaient parfois séparées que de quelques mètres et il n’était pas rare que les soldats s’échangent des insultes mais aussi des souhaits et des arrangements de cessez le feu de courte durée certes. On était encore prêt à se parler et à s’arranger avec « l’ennemi ». Alors que Noêl approchait, des colis avaient été distribués des deux côtés, envoyés par les familles, les villes et villages, les associations de soutien, remplis de nourriture, de vêtements chauds, de cigarettes et de courriers.

    C’est dans cette atmosphère qu’eut lieu la Trève de Noêl 1914 entre les soldats britanniques et les soldats allemands, ainsi que sur certaines lignes de front tenues par des français et des belges. La veille de Noël, la pluie avait cessé et dans le silence de la nuit éclairée par la blanche clarté de la lune, quelque part sur le front, s'éleva, inattendu, le chant d'un soldat allemand. Une autre voix suivit, puis un autre, jusqu'à ce que, des lignes allemandes, on entende une mélodie résonner dans le paysage glacé de la Flandre. C'étaient les notes de « Stille Nacht, Heilige Nacht ». Le chant de Noël se répandit comme une vague. Tout aussi inattendues, des tranchées britanniques répondirent les notes de « The First Nowell the Angels did say », le vieux cantique de Noël anglais.

     

    Extrait du film Joyeux Noël de Christian Carion (2005)

     

    Puis les Anglais et les Allemands entonnèrent ensemble le chant latin « Adeste Fideles ».

    Un carabinier de la London Rifle Brigade a rappelé dans son journal son émotion à la vue des deux armées hostiles chantant le même chant au milieu de la guerre.

    Et puis, de petites lumières sont apparues sur les parapets des tranchées allemandes: c'étaient des arbres de Noël ornés de bougies allumées, qui ont commencé à briller le long de la ligne de front, à perte de vue. Quelqu'un s'est avancé sur le terrain découvert, agitant des mouchoirs blancs et des paquets de cigarettes. D'autres sont sortis de leurs tranchées, du côté opposé. Les officiers se sont rencontrés à mi-chemin. On a échangé des cigarettes, de l'eau de vie, du thé, du chocolat. Puis tous sont retournés à leurs places après avoir promis que durant toute la journée de Noël il n'y aurait pas de tirs. Cette promesse était entendue comme une solennelle parole d'honneur. La trêve s'étendit à d'autres parties du front et permit le déroulement de cérémonies funéraires, où les soldats des deux camps pleurèrent leurs compagnons morts.

    La Trêve de Noël se termina de la même manière qu'elle avait commencé. Les officiers se saluèrent, et quelques coups de feu en l'air donnèrent le signal de la reprise des hostilités. L'événement avait pourtant été si exceptionnel qu'il suscita l'inquiétude des commandements des armées respectives qui, les années suivantes ordonnèrent des bombardements d'artillerie juste à la veille de Noël pour s'assurer qu'il ne s'était pas produit de pause dans les combats.

     

    Centenaire de la Trêve de Noël 1914

     

    LISTE DES 11 PAYS – 92 PARTICIPANTS AU CONCERT MONDIAL
    POUR LA COMMEMORATION DE LA TRÊVE DE NOËL 1914

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    Sources :

    • www.firstworldwar.com
    • Site Benoît et moi - Article de Roberto de Mattei - Photo
    • YouTube
    • Association campanaire wallonne